Amusons-nous un peu. Redesignons l’expérience d’embarquement.

Vous le savez ou pas, je prends souvent l’avion. Très souvent. Je me fais facile 100 vols par an, pour plus ou moins un tour du monde en distance, soit 40 000 bornes. Tranquille. Ça me donne tout de même une légère expérience, au moins assez pour m’être rendu compte de deux/trois disfonctionnements.

Le trolley

Mais oui, tu pars pour une semaine de boulot à l’autre bout de la France, oui, tu veux être super rapide et efficace, oui, tu es quelqu’un qui change de caleçon tout les jours. OUI. Mais ton trolley, il me surpresse l’organe reproducteur. Soyons franc.

Pour commencer, il me bourre dans la file d’attente, ou tu le traînes nonchalamment. Je fous systématiquement des coups de pompes dedans, tellement il pendouille derrière toi, et tu me fais ton petit regard haineux du lundi matin, du genre: « ho, tu vas arrêter de saccager mon indivisible propriété sanitaire ». Amusant.

Chez les lowcosts, on voit des gens se faire sortir de la file, pour ajouter à leur trolley déjà overbourré, leur deuxième sac d’ordi (ben tiens, pourquoi pas aussi l’armoire de mémé…). Ça, ça me fait kiffer. Sont tout rouges, arc-boutés sur la tirette de leur micro-chez-moi, à pester tout fort contre la politique de la compagnie aérienne qu’ils ont pourtant accepté. J’adore.

Ensuite, elle nous encombre les « Overhead lockers », ta caravane miniature. Tu me fais perdre un temps monstre dans les allées du 320, à chercher un espace vital pour tes chaussettes et tes calbuttes, alors que le vol affiche complet et que tout le monde fait comme toi. A l’arrivée, pareil, tu nous brises le flux à remonter tout l’appareil à contre courant, petit saumon aérien, pour aller chercher ta valoche pour laquelle, bien entendu, tu n’as pas pu trouver de place dans ton immédiate proximité, « et ça, madame l’hôtesse, c’est juste un scandale ».

Une valise, ça va dans la soute. On perd 5 mns pour aller la chercher, mais on en fait gagner 10 à 200 personnes et on s’évite du stress.

Solution simple: Supprimer tout ce qui comporte des roulettes (à part mamie Jeannette, 112 ans, la pauvre) dans les cabines. Tout de suite, on va avoir plus d’espace, de temps et de sérénité. Et moi, j’arriverai aux taxis avant vous, les indépendants de la chemise repassée.

L’embarquement.

Air France, c’est le règne de la France désorganisée, bordélique et suffisante, bref, un étendard de la culture franchouillarde, partout dans le monde. Partout où j’ai pris un vol AF quekchoz, l’embarquement est toujours aussi orgasmiquement foutraque :

« Votre vol AF quekchoz est maintenant prêt pour l’embarquement… » et comme si le sort de son PEL en dépendait, l’ensemble de vos charmants co-voyageurs se redresse et se lance dans un mini-sprint vers la guitoune ou l’hôtesse, plus tout à fait fringante, fait semblant de s’adonner à de complexes intégrations de formules mathématiques sur son écran MSDOS.

Un véritable troupeau bigarré de moutons pressés.

Vous avez le gros Robert, bas du front et rasé de près, séparé de la campagne profonde par un complet veston mal foutu et une eau de Cologne bon marché sur son ton rougeaud, qui vous pousse afin de pouvoir être avant vous dans la file, avec son sourire narquois (si tu dis un mot, je t’aplatis), tandis que madame Lavieillepeau, 70 printemps, vous fait gentiment l’extérieur à petits pas en faisant semblant de ne pas vous voir, alors que bon, quantiquement ou physiquement, elle est tout de même sur vos godasses.

Tout ça pour se retrouver debout pendant 20 minutes, avant et après la guitoune, dans l’ombilicale et obscure passerelle, et dans l’allée de l’avion, totalement et irrémédiablement en file indienne, à l’arrêt.

Solution? Canaliser les gens via des parcours en tuyaux (un peu comme Easyjet, ou dysneyland). C’est dingue comment les gens sont stupides au point qu’ils faillent les parquer comme des bovins pour avoir un semblant de discipline collaborative.

Et faire embarquer les gens par section de sièges, comme aux staïtz d’Amérique, en n’oubliant pas de refouler poliment mais fermement l’inévitable abruti qui pense que son hallucinante contribution à l’humanité lui donne le droit de gruger le système. Non monsieur, on attends pas au bord de la porte, on retourne faire la queue. Merci. Oui, là bas. Gentil.

Dans l’avion

Vous avez remarqué comment c’est long de trouver sa place et de se déplacer dans la cabine du cylindre qui vole? Bon, par conception, les allées sont pas larges, ce qui fait que les trolleys des guignols cités plus haut se coincent partout et ne veulent décidément pas trouver de place dans les hatracks. Mais en plus, la plupart du temps, on est obligé de se concentrer pour trouver sa place et faire l’association d’un nombre, d’une lettre et d’un emplacement dans l’espace, oui madame, et ça, c’est super exigeant. Bref, petit rappel : Les nombre de rangées vont en augmentant depuis le nez de l’appareil (cette pièce pleine de boutons compliqués avec des gens portant des galons sur les vestes) vers le fond, et les fauteuils (ha ha, les fauteuils…), sont généralement assemblés de votre droite vers votre gauche de A vers F (dans le cas d’un mono couloir). Si décidément, vous n’y arrivez pas, vous avez de jolis petits dessins qui expliquent le concept au dessus des fauteuils. Sinon, appelez une hôtesse ou un steward. Ils ne sont pas là que pour dire « bienvenue à bord ».

Bref, vous arrivez à trouver votre siège. Et là, comme tout le monde, vous vous rendez compte que vous allez devoir extraire Le jogging/survet/casque enveloppant/ casquette, et la comptable entre deux âges pour tenter de vous imbriquer contre le hublot. Pardon, ma place est au fond, merci, merci, scusez, merci, attendez, oui, voilà, c’est bon. Ha, vous êtes assise sur ma ceinture. dsolé.

Alors que si on y réfléchit bien, le souci vient de l’embarquement. Si on faisait embarquer en premier les usagers qui sont situés aux hublots, puis ceux des rangées centrales, puis ceux des allées, on gagnerait un temps mais carrément sidéral, j’ose le mot.

La grève

Non, je ne vais même pas en parler, de ça. Pas question que je vous parle de cette prise en otage régulée, autorisée et institutionnelle, alors que je ne suis même pas un petit peu en colère.

L’étiquette

Il y a une certaine élégance à bien se comporter en société, mais généralement, ces considérations passent, comme les avions, bien au dessus de la tête de mes compatriotes et autres représentants bipèdes. Clairement, savoir se tenir, ce n’est pas une affaire de profane.

Pour cela, pas de solution. La classe, on l’a ou pas. N’est pas James Bond qui veut. Cependant, en avion comme en dîners mondains, on peut appliquer un certain nombre de codes simplement et avec succès et s’élever un peu au dessus des ruminants: Par exemple, les deux accoudoirs du centre d’une rangée de trois sièges sont pour la personne qui est assise au milieu. Les deux. Oui madame. Plus de conventions sociales ici. C’est en anglais, oui, je sais, mais n’est pas James Bond qui veut, je me répète.

Et comme le dit Jim Jefferies dans ce sketch : « On n’est pas des putain d’animaux, on vit en société ».

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