Ces marques qu’on adore…

Récemment, je suis tombé sur cet édito qui m’a fait sourire au delà de ce qu’il aurait dû. Un peu de compassion, un zeste de nostalgie et une vraie romance entre l’auteur et une marque-étendard du jeu qui avançait avec de vrais parti-pris, en l’occurrence Sega, au sein d’une guerre sans pitié avec Nintendo et des principes opposés… Quelle époque.

Sega me manque aussi.

Un matin de Juillet, en 91, un bon copain de l’époque (on jouait dans le même groupe de métal), m’invite à passer chez lui pour tester sa nouvelle petite bombe vidéo ludique :  une console du nom de Megadrive, de la marque Sega. Sega, je connaissais assez mal et surtout, je n’en pensais pas que du bien, pour avoir vu tourner la Master System. Moi qui avait abandonné un peu le jeu vidéo sur console, à l’époque, depuis le raz de marée Atari (10 ans plus tôt), j’y allais un peu à reculons.

La Megadrive de Sega

La Megadrive de Sega

La baffe. Rien à redire. J’ai mangé une taloche de première. Une console qui puisait dans le catalogue de titres des bornes d’arcade, un pad minimaliste et super réactif, un son parfait, une machine rapide en 16 bits, la première de sa génération. Et les jeux, nom de Zeus, les jeux : Dune, Ghouls & Ghosts, Quackshot (rho, la musique…) mais surtout Sonic. J’avais jamais vu ça.

Image du jeu Sonic the EdgeHog

Le fabuleux Sonic

J’ai acheté cette console dans la foulée. Et une belle collection d’une quarantaine de titres, allant du passable (Amazing Spiderman) au fabuleux (Alladin, Ecco the Dolphin, Flashback, Earthworm Jim, Super Hang On, Out Run). Des heures et des heures de sourires béats, les mains engourdies autours du pad.

Image du Jeu Flashback

FlashBack, et son rotoscoping

Image du jeu Outrun

Outrun, et le massacre d’une Ferrari

Pour rester à la pointe, Sega met au point en 1994 un système de cartouches contenant des coprocesseurs mathématiques, permettant le calcul polygonal (sur une console 16 bits!!!). Cela allait permettre l’arrivée d’un seul jeu directement issu des bornes d’arcades 3D: Virtua Racing, son clipping infect et son son dégueulasse. Une petite avancée, certes, mais quel pied. La borne d’arcade à la maison. Pour 700 francs de l’époque tout de même. Une véritable ruine.

Image de Virtua Racing

Virtua Racing, en 3D polygonal, svp

En outre, cela ouvrait l’ère des ajouts matériels. Tellement convaincu par Sega, je les ai tous acheté : Le Mega CD, un lecteur de CDrom bien moisi, tout de même (1x), mais avec des coprocesseurs permettant de rattraper la Super Nintendo, sortie dans intervalle, plus de ram, et surtout la promesse de jeux plus gros. Que ne ferait-on pas pour pouvoir jouer à Sonic CD et avoir le plaisir de combattre un Sonic métallique, ou pouvoir jouer à Dune de Cryo ou Another World de Delphine Software je vous le demande ? Dépenser trop d’argent ? Oui.

La MegaDrive et son MegaCD

La MegaDrive et son MegaCD

Dans la même veine, j’ai également acheté le 32X, cette espèce de verrue (avec des procs 32 bits) qui venait se plugger dans le port cartouche et permettait d’avoir un support natif du calcul polygonal. Avec ça, à moi DOOM (et son FOV risible), Virtua Racing Deluxe (et son clipping toujours infect), StarWars Arcade (soupirs…). Fallait voir l’empilage que ça faisait, entre le 32X+la Game Genie + les cartouches supports (type Sonic & Knuckles) qui permettaient d’emboîter d’autres jeux dedans pour avoir d’autres personnages  et des niveaux additionnels (Sonic 3), avec la technologie Lock-on.

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L’empilage de la mort

Après cette épisode Megadrive, j’ai tout revendu, mais  je suis resté fidèle à Sega. Je me suis acheté la Saturn (pour Virtua Cop, Myst, Sega Rally, Virtua Fighters, Daytona USA, Nights, Panzer Dragoonet beaucoup d’autres). Et les accessoires qui vont avec, pour faire bonne mesure (le volant, les flingues en plastique, manette analogique, etc…).

Image de la Sega Saturn

Ho mon dieu : Une Saturn

Une bonne console audio, également. Puis j’ai à nouveau tout bazardé pour m’acheter la Dreamcast, toujours chez Sega, une console 128 bits fabuleuse, avec une sauvegarde autonome sous forme de mini console (le VMU), mais déjà d’un autre temps, puisque cette conception basée sur le portage de l’arcade vivait ses dernières heures, dans un feu d’artifice ahurissant (Sonic Adventures, Ready to Rumble, Crazy taxi (et sa bande son signée Offspring) ShenMue et surtout l’énormissime SoulCalibur, plus beau, plus fluide et plus jouable que sa version arcade…).

Image du jeu SoulCalibur

SoulCalibur, plus beau que la version d’arcade

Après ça, Sega a cassé son jouet et a décidé d’arrêter le hardware et je suis passé  à Nintendo et Mario 64, puis à la Game Cube avant d’atterrir sur Xbox . Je n’ai jamais pardonné à Sony d’avoir tué Sega. Je crois que c’est toujours un peu le cas. J’ai bien une PS3 mais elle alimente quelques imports japonais introuvables sur les autres plateformes (Gundam).  Et Sega me manque toujours un peu. Je ressors de temps en temps ma vieille Dreamcast qui fait toujours mon bonheur et celui de mes gosses. Oui, moi aussi, Sega me manque. C’était tout de même de sacrés génies, l’équipe AM2 et AM3 la Sonic Team, Yu Suzuki…

Image de la Dreamcast

La Dreamcast, son pad analogique et sa cartouche de sauvegarde

Un peu comme Atari.

Voilà mon premier vrai amour vidéo-ludique. La 2600 de chez Atari. Sortie en 77, je ne l’ai connu qu’en 82. Quand on ne claquait pas nos anniversaires en bornes d’arcade (notamment sur Atari StarWars en filaire), ou en Jeux lcd Game Watch (Donkey Kong Junior) on se rabattait sur cette machine ahurissante aux capacités aujourd’hui ridicules, mais énormément attachante. Un système de cartouches, un pad si fragile que s’en était honteux et des jeux et un catalogue monstrueux : Frogger, Moon Patrol, Pitfall,  Missile Command, Pole Position

Image de l'Atari 2600

La fabuleuse Atari 2600

Vers 1983, j’avais un bon copain qui avait une machine et qui s’amusait à coder pour faire ses propres jeux. C’étai un Atari 800 XL, qui permettait de jouer, via son port cartouche intégré ou son lecteur de cassettes ( oui, et ça plantait tous les quarts d’heure), mais aussi de programmer via son interface en basic. 64 ko de mémoire, autant vous dire qu’on allait pas loin. Le plus frustrant, c’était que le langage, en soi, était assez facile (Ha, les peek et les poke), mais nécessitait souvent de passer par d’interminables et obscures lignes de data pour rester dans les limites de la mémoire disponible.

Image d'un Atari 800xl

Mon premier ordinateur: Un Atari 800xl

En attendant, la machine était un vrai ordinateur de jeux 8 bits, avec des titres déments comme Hero, River Raid, Zaxxon, Summer Games, …). Et en bonus, la capacité de découvrir le code.

Puis ce fut l’ère de l’Atari ST, qui fut soumis à la rude concurrence des Amiga, des Amstrad CPC et des Macintosh. L’informatique personnelle changeait de braquet et la situation a dégénéré, forçant Atari à plier la boutique, malgré un énorme succès, une ludothèque gigantesque (dont Monkey Island… re-soupir), des logiciels de malades (notamment en MAO -là ou Amiga trustait l’image).

Image de Monkey Island

Monkey Island, la légende de Guybush

La suite mélange un peu les genres, avec des rachats et des reventes houleuses, souvent pour bénéficier de l’image de marque historique, moins pour en refaire un véritable fleuron. On pourrait citer en vrac Midway, Tramel, Warner, Hasbro, Infogrames, comme heureux possesseurs de la marque Atari. Mais le mirage est passé.

On entend encore parler d’Atari de nos jours, via le jeu pour mobile, revampé en mode Vintage. Ou par des accords technologiques (comme avec Sigfox, récemment). Mais la marque laisse un vide énorme pour tout ses aficionados et passionnés de jeux. Tout comme Sega, Atari fait parti de ces pionniers qui ont construit l’histoire du gaming, l’histoire de la technologie et de l’innovation, et, au passage, construit quelques carrières (comme Steve Jobs, salarié d’Atari en 1973…).

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